Visión des collectivités sur le Budget 2026

Pétition contre la loi Duplomb-Ménonville : répondre aux inquiétudes

Franck Menonville, Sénateur de la Meuse, Conseiller municipal de Stainville, agriculteur et co-auteur de la proposition de loi visant à lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur.

Face à la pétition contre la loi Duplomb-Ménonville, qui a recueilli plus de 1,8 million de signatures, je tiens tout d’abord à dire que j’entends pleinement les inquiétudes de nos concitoyens.

En tant que co-auteur de cette loi, mon objectif est simplement d’harmoniser l’agriculture française avec les normes européennes.

 

Cette loi ne révolutionne pas notre modèle agricole : elle vise uniquement à supprimer les surtranspositions inutiles des normes européennes, ces contraintes administratives supplémentaires qui pénalisent injustement les agriculteurs français sans améliorer la sécurité sanitaire.

Soyons clairs : les contrôles et les exigences réglementaires en France resteront parmi les plus élevés au monde. C’est précisément cette rigueur qui garantit aujourd’hui l’excellence reconnue de notre agriculture.

Ne nous trompons pas de combat : nos agriculteurs français sont des travailleurs irréprochables, soumis à un cahier des charges strict, respectueux de l’environnement et de la santé. Or, chaque année, nous importons massivement des produits agricoles en provenance de pays comme le Brésil ou la Turquie, produits selon des normes bien inférieures aux nôtres, parfois avec des substances interdites en France depuis plus de 30 ans. Pourquoi accepter ces importations alors que nous pouvons produire bien mieux chez nous ?

En tant que co-auteur de cette loi, je reconnais volontiers que nous aurions dû être plus pédagogiques dès le départ, pour éviter les malentendus et les inquiétudes légitimes. Cette pétition et le débat qui pourrait en découler à l’Assemblée nationale seront l’occasion pour nous de mieux expliquer les enjeux réels de cette loi.

Je rappelle d’ailleurs que la gauche à l’Assemblée nationale a fait le choix de l’obstruction parlementaire en déposant plus de 3000 amendements, empêchant une véritable discussion de fond dans l’hémicycle. Ce n’est pas ainsi que l’on sert l’intérêt général. Au Sénat, grâce à un débat constructif et responsable, la loi a pu être adoptée sereinement.

Notre objectif commun est clair : soutenir une agriculture française durable, respectueuse de notre santé et de l’environnement, et éviter la dépendance croissante aux importations produites dans des conditions que nous refusons chez nous.

 

Pour des efforts budgétaires équilibrés

Sur Sud Radio, Vincent Delahaye, Sénateur de l’Essonne, membre de la commission des finances et Secrétaire de la délégation sénatoriale à la prospective au Sénat, a salué le courage du Premier ministre dans la présentation de son plan d’économies, tout en appelant à une véritable prise de conscience générale.

« Cela fait des dizaines d’années que l’on vit à crédit. Aujourd’hui, 35 % de nos dépenses ne sont pas financées. On ne peut plus continuer comme ça. L’effet boule de neige sur la dette devient incontrôlable, avec des intérêts qui explosent.»

Si l’effort budgétaire est indispensable, il doit être partagé équitablement, y compris sur les sujets sensibles. « Je regrette l’absence de mesures sur l’immigration et d’une annonce sur une réforme de l’Aide Médicale d’État (AME), où l’on peut estimer 200 à 300 millions d’euros d’économies possibles sans en renier notre humanité.»

Revenant sur la possibilité de faire passer ce budget, il ajoute : « On ne peut pas se contenter d’augmenter les impôts faute de majorité pour voter des économies. Ce serait ajouter de l’injustice à la dérive.»

Finances locales : la grande inquiétude

Philippe Laurent, maire de Sceaux et membre du Comité des finances locales

La réunion du 22 juillet du Comité des finances locales, instance créée en 1979, composée de représentants des exécutifs locaux, de parlementaires et de membres de l’administration centrale, chargée de veiller aux intérêts financiers des collectivités locales, a été l’occasion :

  • d’une part de dresser le constat d’une dégradation globale en cours des équilibres financiers des collectivités, malgré une très grande diversité des situations, et
  • d’autre part, de manifester une grande inquiétude quant aux perspectives d’avenir résultant de la présentation par le Premier ministre, le 15 juillet, des lignes budgétaires pour 2026.

Les élus présents ont exprimé une forme d’incompréhension devant la stratégie retenue, qui ne prend absolument pas en compte le rôle très important d’investisseur public des collectivités en France. L’impact des mesures envisagées par le Gouvernement, qui est plus proche de 10 milliards (nouvelles dépenses imposées et réductions de recettes) que des 5,3 annoncés, sera majeur sur la capacité d’autofinancement, déjà mise à mal depuis deux ans notamment dans les départements, et donc sur les possibilités d’investir. Or, ce rôle d’investisseur des collectivités est essentiel pour la mise en œuvre de la transition énergétique et écologique, et présente un caractère contra-cyclique qui pourrait éviter la récession. Sans compter que ces ponctions pourraient également conduire dans certaines collectivités à un grave recul des services publics locaux du quotidien, faute de moyens suffisants pour continuer à les faire fonctionner. Ce sont alors les habitants, et notamment les familles modestes, qui verraient leurs conditions de vie se dégrader.

Les collectivités locales sont des acteurs publics de premier plan et doivent être reconnues comme telles par le pouvoir central. Celui-ci doit les considérer comme des alliées, et non comme des sous-traitantes. Il est temps de bâtir une stratégie commune et pluri-annuelle permettant aux communes, départements et régions de jouer pleinement leur rôle dans le redressement du pays, en leur accordant une vraie autonomie financière et fiscale, plutôt que les considérer comme des acteurs de second ordre dont le pays pourrait se passer. Les pays qui réussissent le mieux à assurer la prospérité et le bonheur de leur peuple sont ceux où les pouvoirs publics sont fortement décentralisés.

Pompiers : défendons ce modèle républicain de proximité

Olivier Richefou, Président du Conseil départemental de la Mayenne, Président de la Conférence Nationale des Services d’incendie et de Secours (CNSIS), Conseiller municipal de Changé (53) et Secrétaire Général Adjoint de l’UDI

Chaque jour, nos sapeurs-pompiers interviennent pour sauver, protéger, secourir. Pas seulement lors des grandes catastrophes que les médias relaient, aussi pour les urgences du quotidien, celles que connaissent tous les Français, dans chaque commune, chaque territoire. 

 

Ce service public, concret, humain, accessible à tous, c’est l’un des piliers de notre pacte républicain.
 
Mais aujourd’hui, il est fragilisé. Recrutements en tension, agressions en hausse, conditions d’engagement de plus en plus dures : ces alertes ne sont pas des faits divers. Ce sont les symptômes d’un système qui arrive à saturation. Le malaise est profond, et il s’exprime partout sur le terrain.
 
Président de Département et président de SDIS, je sais ce que les collectivités locales assument : 60 % du financement, l’organisation opérationnelle, le soutien au volontariat. Ce sont les départements, les communes et les intercommunalités qui tiennent le front. Il est temps que cette réalité soit pleinement reconnue.
 
Il faut aussi rappeler que les missions des sapeurs-pompiers ont considérablement évolué. Aux feux de forêt s’ajoutent désormais les conséquences du dérèglement climatique, les risques technologiques, les interventions sociales, les crises sanitaires. Les pompiers sont devenus les vigies d’un pays en tension. On ne peut plus leur demander toujours plus sans leur donner les moyens d’agir.
 
Ce combat n’est pas celui d’un niveau de collectivité contre un autre. Il est celui de la cohérence, de la responsabilité partagée, et du bon sens. À l’UDI, nous croyons à un État stratège, garant de l’équité entre les territoires, mais aussi à des collectivités libres d’agir et de proposer. Ce que nous demandons, ce n’est pas un chèque, c’est un partenariat exigeant et loyal.
 
Préserver ce modèle, c’est préserver une certaine idée de la République : celle qui agit, pas celle qui promet. Celle qui protège, pas celle qui observe.

Vieillissement : dépasser les limites des dispositifs actuels

Monique Gibotteau, Vice-présidente du Conseil départemental de Loir-et-Cher en charge du Grand âge

Le vieillissement n’est pas une fin, c’est un enjeu majeur qui nécessite une réponse collective, ambitieuse et coordonnée. Face au défi démographique et aux besoins croissants des personnes âgées dépendantes, notre société doit se mobiliser autour d’une stratégie globale et proactive.

 

ue l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA), des failles persistent, laissant souvent les personnes fragiles sans une prise en charge adaptée ou suffisante à domicile. Ces lacunes appellent des solutions nouvelles et intégrées, ainsi qu’une meilleure articulation entre les différents acteurs du territoire.

L’Établissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes (EHPAD) constitue ainsi une étape essentielle dans un parcours de vie coordonné, ouvert sur l’extérieur, intégrant activités culturelles et services variés. Les EHPAD doivent être acteurs d’une prévention efficace contre la perte d’autonomie, rôle facilité par les Centres de Ressources Territoriales (CRT) et l’Équipe Mobile Départementale Vieillissement Maintien Autonomie (ERVMA).

Les dispositifs de soins à domicile tels que les Services de Soins Infirmiers à Domicile (SSIAD), le dispositif SAD, ou encore l’Hospitalisation à Domicile (HAD), qui intervient également en EHPAD, jouent un rôle essentiel. Par ailleurs, il convient de développer divers types d’hébergements : temporaires, d’urgence, de nuit ou de jour associés à un Pôle d’Activités et de Soins Adaptés (PASA), ainsi que des habitats innovants tels que les béguinages, l’habitat inclusif, la colocation, les résidences autonomie, les MARPA, les domiciles adaptés (avec intervention d’ergothérapeutes et mise en valeur par des initiatives comme la «Maison bleue») et l’accueil familial.

La fin de vie doit être accompagnée par une véritable culture des soins palliatifs, soutenue par un médecin coordonnateur essentiel dans les territoires confrontés aux déserts médicaux. La prise en charge de la douleur reste une priorité majeure.

Impossible d’aborder le vieillissement sans mentionner le rôle central des aidants. La Commission des financeurs constitue un outil efficace pour déployer des actions préventives sur le territoire, notamment à travers le sport adapté, véritable médicament du XXIe siècle.

 

Des préoccupations persistent cependant : difficultés de recrutement et manque d’attractivité des métiers du soin à domicile, salaires insuffisants, diminution progressive du soutien financier de l’État, hausse du reste à charge en EHPAD, et glissement des soins sanitaires vers le médico-social. Pour y répondre, il est indispensable d’ajuster les tarifs selon les revenus, à l’image des dispositifs en crèche, et d’augmenter substantiellement les enveloppes sanitaires dédiées aux EHPAD, face à une médicalisation croissante de la dépendance.

Tourisme côtier : les défis de l’équilibre

Gilles Cima, Adjoint au maire de Cannes en charge de l’attractivité et de la qualité de vie

Cannes est historiquement une ville d’accueil. Le tourisme compte pour une part importante de la valeur ajoutée estimée à 50 % du produit économique local. L’industrie satellitaire et les industries créatives complètent ce panorama.

 

Avec 3 943 000 nuitées en 2024, le tourisme évolue sur un sentier de croissance stimulé par trois facteurs interdépendants. Le premier tient à la prospérité de l’événementiel professionnel portée tout au long de l’année par le Palais des Festivals et des Congrès. Le second renvoie au continuum d’investissements municipaux pour embellir, sécuriser et animer la destination dans une logique de promotion de la culture et d’exigence environnementale.

La requalification de l’offre hôtelière, le renouvellement de l’offre de restauration et de divertissement assurés par les opérateurs privés renforcent cet ensemble. Les spécificités de ce modèle font de Cannes l’une des premières villes côtières labellisées « Destination Innovante Durable Iso 20121 ». Des pics d’activité surviennent inévitablement sans qu’ils se limitent à la saison estivale.

Il ne faut pas freiner l’attractivité, mais la piloter. Je crois en un tourisme opportunément réparti dans le temps, respectueux du littoral et de la qualité de vie. Cela suppose des choix clairs : limiter l’étalement urbain, protéger les zones naturelles, investir dans la thalassothermie, réguler l’activité maritime…

Le tourisme ne doit jamais évincer les habitants et il faut veiller à l’équilibre de longue période entre résidences principales et secondaires. À Cannes, il est immuable depuis 20 ans. Une municipalité peut beaucoup, pas tout. L’implication permanente des socioprofessionnels offre la garantie d’une vision durable partagée, inscrite dans une charte d’engagements mutuels.

Médaille de la sécurité intérieure

L’UDI félicite Sonia Brau, Maire de Saint-Cyr-l’École (78) et Conseillère départementale des Yvelines, qui a reçu la médaille de la sécurité intérieure par arrêté ministériel du 8 juillet 2025. Cette décoration civile et militaire est décernée par le ministre de l’Intérieur pour récompenser les services particulièrement honorables rendus dans le cadre de la sécurité intérieure.

Université d'été 2025 - Orléans (Loiret)

La direction de l’UDI a le plaisir de vous inviter à participer à notre Université d’été 2025 qui se tiendra les vendredi 29 et samedi 30 août prochains à Orléans, dans le Loiret.

À quelques mois des élections municipales, lors de cette Université d’été, nous mettrons le cap sur la préparation de ces échéances et l’accompagnement des candidats et des équipes municipales.

Des informations détaillées sur le programme complet et les formations (contenus et ateliers pratiques) vous seront communiquées très prochainement.

Afin de vous accueillir dans les meilleures conditions, vous pouvez d’ores et déjà vous inscrire sur ce lien :

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